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Le salon de lecture

Le salon de lecture

Annexe lounge du Café du globe Pascal Coquet Textes, fictions, desiderata...et autres billevesées


Pistes

Publié par le Moujo sur 20 Janvier 2018, 16:22pm

Catégories : #Fiction

Préambule

Rien ne laissait présager d'un drame, c'était un jour comme les autres... sauf pour lui. Il se trouvait dehors, seul, dans le noir insondable de la poussière galactique. Il se sentait nu, démuni face à une situation qu'il ne connaissait pas...

Le temps semblait arrêté mais l'absence de vie entraîne-t-elle l'éclipse du temps ? Chacun trouve son chemin avec plus ou moins de bonheur. L'objet de cette nouvelle est de le montre au travers d'une quête d'identité, mais aussi d'illustrer un concept qui me parait essentiel autant que primordial : le relativisme. Et si l'homme n'était que le rouage d'une énorme machine ?

Au delà d'un parcours se voulant didactique, on y verra que le pouvoir de la pensée peut nous transporter dans divers mondes, en l'occurence dans des mondes possibles dans la propre réalité de l'inconnu de cette nouvelle : "l'Atlantide, les géoglyphes de la Pampa, Ilha Formosa, le monstre de Gila, Chichèn Itzà, la thérapie génique, l'interféromètre".

C'est ainsi que notre héros voyage en quête d'indices, "Son périple imaginaire... La force de la pensée le transporta..."

Une bouche de métro, la police, des questions. « d'ou venez-vous, qui êtes-vous, que faites-vous, est-ce que t'as tes papiers ? » Une fois le barrage franchi sans trop savoir comment, il se retrouvait dehors, dans le noir insondable de la poussière intergalactique.

Il marchait à vive allure, le pas saccadé. Il courait vers son destin et pourtant ne savait ni d'où il venait ni où il allait.

 

De le voir errer de cette façon, je ressentais une certaine empathie, voire même de la pitié. J'aurai voulu l'aider, lui dire qu'il allait dans la mauvaise direction, mais il ne pouvait m'entendre.

Peut-être s'imaginait-il qu'un spationaute distrait l'avait laissé en exil sur une lointaine planète, alors il cherchait son aéronef ?

Dans sa course il ne voyait personne, nul être vivant. Le désert, le vide absolu, le ciel d'un noir profond...

Le temps semblait arrêté mais l'absence de vie entraîne-t-elle l'éclipse du temps ?

 

Seul, il était seul. Autour de lui régnaient le calme et le silence propres à ... rien, puisqu'il n'y avait rien.

 

Cependant, au bout d'une longue marche, une longue errance apparemment sans fin, il aperçut un panneau gisant sur le sol ; Il commençait à manquer d'énergie, puisât dans ses ultimes ressources et réussit à s'en approcher.

Il lut cette étrange inscription : « MADE IN TAIWAN »

Ce maigre symbole de civilisation lui redonnât espoir. Non loin de là, il trouvait une piste lisse et brillante. Il décida de suivre cette trace surgie de nulle part.

 

« Ainsi donc, pensa-t-il, cette planète est habitée et, si je puis en juger, seule une forme d'intelligence supérieure a pu construire un tel revêtement, si lisse, si droit, si plat, vierge de toute inégalité, si pure et si parfaite en somme ».

Il continua de longer cette piste jusqu'à ce qu'il aperçut un signe cabalistique, une croix gravée sur une borne. Plus loin encore, un gros câble rouge paraissait grimper vers l'infini. « Dans quel monde étrange suis-je ? »

Il tenta vainement de percer le mystère de cette énigme : Un sol plat, une pancarte, une croix, un fil rouge... Cependant il émit une hypothèse, insensée certes.

 

« Et si je n'était que le rouage d'une énorme machine, une particule, un élément constitutif de la matière ? Reste à expliquer cette étrange piste jaune. Et quel est mon destin ? »

 

Une bête noire, bizarrement affublée de seize pattes argentées, ronronnait au bout de la piste.

Serait-elle la gardienne de l'entrée du sanctuaire ?

La jalouse et néanmoins farouche protectrice de LA VERITE ?

Non loin d'elle, rayonnait une étrange lueur diffuse, de couleur vert émeraude. L'atmosphère de ce lieu provoqua en lui un indéfinissable sentiment : Il fut comme touché par la Grâce.

L'éclairage prolixe, par une brève suractivation de ses neurones, lui révéla tout ce qu'il devait savoir.

Il prit alors conscience de l'importance de son rôle, de sa place dans l'univers et de l'interactivité visant à assouvir notre petit confort embourgeoisé :

 

« Cette lumière provient de l'Oeil, l'œil du cadran.

Je marche sur une piste de laiton, une plaquette de circuit imprimé, et cette bestiole noire n'est qu'un inoffensif microprocesseur.

Je dois rejoindre mes copains les protons. Suivons le Fil D'Ariane »

 

Il se redressa, il courait vers sa perte, il en est conscient mais n'a pas d'autre alternative... « Continue, se dit-il, de toute façon c'est cuit ». Il s'engouffre dans un collecteur et rejoint ses camarades.

Sur le quai, son moyen de transport ne se fait pas attendre.

La rame de métro, à la vitesse de la lumière, traverse un condensateur chimique de filtrage, franchit allègrement un pont de Graetz, s'arrête à la base d'un transistor MOS à effet de champ, régulé par une diode Zener. La rame ressort par un circuit de contre réaction, franchit un condensateur céramique puis au travers des potentiomètres du Baxandall, s'engouffre dans un champ magnétique généré par une self et, au travers d'une résistance de polarisation, rejoint enfin la masse.

 

Une étincelle jaillit. Un cri dans le haut-parleur,

...mon poste de radio fonctionne de nouveau...

 

Pascal Coquet, l'an 88

Article en cours de rédaction

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